Recherche

Chacun voit ce qu’il ne veut pas voir

A la fin du premier trimestre, Kaspersky Lab a détecté le trojan modulaire Backdoor.AndroidOS.Triada qui octroyait au trojan téléchargé (charge utile) des autorisations de superutilisateur et la possibilité de s’intégrer aux processus système. Peu de temps après, le 15 mars, nous avons détecté un des modules qui permet de réaliser une attaque dangereuse : la substitution de l’adresse Internet chargée par le navigateur.

Le module malveillant détecté est composé de plusieurs parties détectées par Kaspersky Lab sous le nom Backdoor.AndroidOS.Triada.p/o/q. Après avoir obtenu les autorisations de superutilisateur, il utilise les outils standard de débogage de Linux pour intégrer sa bibliothèque (Triada.q, qui télécharge ensuite Triada.o) dans les processus des navigateurs suivants :

  • com.android.browser (navigateur standard Android)
  • com.qihoo.browser (360 Secure Browser)
  • com.ijinshan.browser_fast (Cheetah browser)
  • com.oupeng.browser (Oupeng browser)

La bibliothèque intercepte l’adresse Internet que l’utilisateur souhaite ouvrir, l’analyse et le cas échéant, elle peut la remplacer par n’importe quelle autre adresse. Les règles de substitution des adresses Internet sont téléchargées depuis le serveur de commande pendant le fonctionnement du module.

Schéma de l’attaque

Dans un système qui n’a pas été infecté, le navigateur envoie la requête contenant l’adresse Internet au serveur Web via Internet et obtient la page en réponse.

Chacun voit ce qu'il ne veut pas voir

Après l’infection par Triada, une bibliothèque d’interception d’adresse Internet est insérée au processus du navigateur. Ainsi, la requête de l’adresse tombe dans cette bibliothèque et elle est remplacée et envoyée à un autre serveur Web.

Chacun voit ce qu'il ne veut pas voir

Suite à cette substitution, le navigateur ne reçoit pas les données qu’il avait sollicitées et l’utilisateur arrive sur une page totalement différente.

A l’heure actuelle, ce mode d’opération est utilisé par les auteurs de virus pour modifier le « moteur » de recherche standard sélectionné dans le navigateur de l’utilisateur ainsi que pour substituer les pages d’accueil. Il s’agit en fait des mêmes actions que celles réalisées par de nombreux adwares pour Windows. Ceci étant dit, rien n’empêche d’organiser des attaques similaires qui impliqueraient la substitution de n’importe quelle adresse Internet, notamment des adresses de services de banque électronique, pour renvoyer les utilisateurs vers une page de phishing, etc. Il suffit pour cela aux individus malintentionnés d’envoyer la commande adéquate à leur programme.

Au cours de la période étudiée, ce module a attaqué 247 utilisateurs. L’intensité des attaques se maintient. Le nombre de variantes du malware est réduite. Il semblerait que malgré les technologies de pointe utilisées, les auteurs de cette backdoor ont décidé de concentrer leurs efforts sur le développement d’autre chose. La répartition géographique ressemble beaucoup à celle d’autres programmes d’octroi d’accès root car ce module fonctionne uniquement avec Triada et est téléchargé par celui-ci.

webinject_fr_3

Nombre d’utilisateurs attaqués par Backdoor.AndroidOS.Triada.p dans différents pays

En guise de conclusion, il faut signaler que normalement, les cybercriminels qui se spécialisent dans Android sont assez paresseux : ils peuvent voler facilement de l’argent directement, par exemple à l’aide de trojans qui envoient des SMS à des numéros surtaxés ou qui affichent de fausses fenêtres d’applications de transactions bancaires mobiles. Toutefois, ces derniers temps, nous remarquons que certains individus malintentionnés ont commencé à étudier activement l’architecture du système d’exploitation, à perfectionner leur arsenal d’outils et à organiser des attaques complexes comme celle que nous venons de présenter.

Chacun voit ce qu’il ne veut pas voir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Rapports

Etude des menaces mobiles en 2016

En 2016, l’augmentation du nombre de trojans publicitaires qui peuvent utiliser les autorisations root s’est maintenue. Sur l’ensemble de l’année, cette menace n’a jamais quitté la tête du classement et rien n’indique que cette tendance va changer pour l’instant.

Spam en 2016

Les flux de spam ont enregistré plusieurs modifications en 2016. La plus marquante d’entre elles a été l’augmentation de la diffusion de ransomwares. Etant donné la disponibilité de ce genre de malware sur le marché noir, il faut s’attendre à ce que cette tendance se maintienne et le volume de spam malveillant va certainement se maintenir en 2017.

Kaspersky Security Bulletin 2016. Rétrospective de l’année. Statistiques globales de l’année 2016

Les tensions et les remous ont été au rendez-vous dans le cyberespace en 2016, depuis les gigantesques réseaux de zombies de l’Internet des objets jusqu’aux campagnes de cyberespionnage ciblées en passant par le vol d’argent, l’hacktivisme et autres pratiques. La rétrospective et les statistiques présentées par Kaspersky Lab fournissent un compte-rendu détaillé. La synthèse, quant à elle, est accessible ici.

Kaspersky Security Bulletin 2016. La révolution du ransomware

De janvier à septembre 2016, les attaques de ransomwares contre des entreprises ont triplé, avec une attaque toutes les 40 secondes. Vu l’explosion des activités du secteur du ransomware en tant que service et le lancement du project NoMoreRansom, Kaspersky Lab a désigné le ransomware comme problématique clé en 2016.

Abonnez-vous à nos emails hebdomadaires

La recherche la plus excitante dans votre boîte de réception