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Un logiciel espion commercial pour Android attaque des cadres supérieurs

Des experts de la société Skycure ont analysé le logiciel espion Android Exaspy qui s’est illustré dans des attaques contre des utilisateurs appartenant aux cadres dirigeants d’entreprises. Ce malware pour appareils mobiles est proposé en ligne en tant que service pour un abonnement mensuel de 15 dollars. L’analyse a démontré que Exaspy est capable d’intercepter pratiquement n’importe quelle communication sur un smartphone, y compris les appels, les SMS, les sessions Skype, les photos, etc.

Ce nouveau logiciel espion a été identifié en septembre quand un des clients de Skycure a découvert sur le smartphone d’un collègue une fausse application baptisée Google Services et qui disposait de toutes les autorisations d’administrateur. D’après Elisha Eshed, chercheur chez Skycure, la victime de l’infection occupe un poste à responsabilités dans une société technologique internationale.

D’après les résultats de l’analyse, Exaspy est uniquement compatible avec les appareils Android et son installation requiert un accès physique au téléphone. Une fois installé, le malware commence d’abord par tenter de se dissimuler : il se fait passer pour l’application Google Services, désactive son composant principal afin de ne pas apparaître sur le panneau de lancement rapide et fonctionne en arrière-plan. Elisha Eshed écrit dans le blog de Skycure que l’application prend le nom de Google Services et utilise le nom de paquet com.android.protect. Elle cherche clairement à se faire passer pour Google Play Services. Le chercheur a également remarqué qu’à l’heure actuelle, Exaspy n’est pas détecté par la majorité des scanneurs antivirus pour appareils mobiles.

Après l’installation, Exaspy sollicite les autorisations d’administrateur à la victime et commence à récolter les informations qui intéressent ses opérateurs : SMS, MMS, messages instantanés et électroniques, photos, captures d’écran, contacts, événements du calendrier, historique du navigateur, etc. De plus, grâce au serveur de commande du malware, les opérateurs peuvent surveiller les fichiers locaux et les transmettre. Ils peuvent également « exécuter des commandes Shell ou créer un reverse-shell pour augmenter les autorisations du malware à l’aide de codes d’exploitation qui ne figurent pas dans le paquet de base. »

« Exaspy ne se cache pas dans le Dark Web, mais il s’agit bien d’un logiciel espion d’un éditeur tiers et dont les chiffres de circulation sont inconnus » explique Elisha Eshed. « Rien ne permet de dire qu’il s’agit d’une société de confiance et en fin de compte, là n’est pas la question, car elle récolte des informations à la demande de ses clients. »

D’après Skycure, Exaspy possède les caractéristiques suivantes : présence d’un accès physique à l’appareil pour l’installation, fonctionnement sous les autorisations d’administrateur, activation sous licence et installation sous la forme d’un paquet système, ce qui complique la suppression. Remarquons également que le malware contacte des serveurs dans le nuage Google et les téléchargements sont réalisés depuis une adresse Internet reprise dans le code : hxxp://www[.]exaspy[.]com.

Elisha Eshed signale que les logiciels espions pour Android et iOs existent depuis longtemps. Mais les quelques cas qui ont fait parler d’eux ont mis en évidence une tendance inquiétante : la complexité et l’omniprésence des attaques contre des cibles de haut rang. A titre d’exemple, l’auteur du billet cite le logiciel espion Pegasus pour iOS, utilisé récemment contre Ahmed Mansoor, activiste reconnu des Emirats arabes unis et auparavant, contre le journaliste mexicain Rafael Cabrera.

A titre de prévention, Skycure recommande de protéger l’accès aux appareils à l’aide d’un code PIN ou de l’authentification dactyloscopique, de désactiver le débogage USB et de vérifier régulièrement la liste des administrateurs sur Android et de désactiver les composants dans lesquels vous n’avez pas confiance.

Fonte: Threatpost

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