Nouvelle vague de spam Cerber

Cerber reprend l’offensive : ce ransomware menaçant se diffuse actuellement via la campagne de spam agressive Blank Slate dont les auteurs préfèrent exploiter les services d’hébergeurs légitimes pour propager les malwares.

D’après les informations obtenues par les observateurs de l’ISC SANS, ces diffusions de spam servaient jusqu’il y a peu à diffuser les ransomwares Sage 2.0 et Locky, toutefois la principale charge utile de Blank Slate est actuellement Cerber.

D’après Brad Duncan, spécialiste de la sécurité de l’information, Blank Slate, en tant que campagne distincte, avait été identifié au mois de juillet de l’année dernière. Depuis cette époque, plusieurs tentatives de suppression ont été réalisées, mais Blank Slate a survécu à chaque fois car les auteurs de cette campagne changent en permanence de serveur chez les hébergeurs afin d’abriter leur malware.

Cette campagne a été baptisée « Blank Slate » (ardoise blanche) en raison de l’absence de texte dans le champ « Objet » et dans le corps du message. Les messages électroniques contiennent uniquement un fichier zip en pièce jointe et au sein de ce dernier, on retrouve une archive avec un JavaScript et un document Word malveillant. D’après Brad Duncan, ces messages piégés sont trop évidents mais toujours est-il que les individus malintentionnés sont convaincus qu’il s’agit d’une méthode assez efficace pour déjouer les solutions de protection.

La méthode adoptée ici pour diffuser le malware est tout à fait normale : Cerber est téléchargé (depuis un serveur) dès que le destinataire double clique pour ouvrir le fichier JavaScript ou activer la macro dans le document. Au cours des douze derniers mois, le ransomware s’est transformé en menace sérieuse : il cherche constamment à s’améliorer et essaie de nouveaux trucs. Ainsi, au début de la semaine, des chercheurs de chez Deep Instinct ont signalé que la version actuelle de Cerber parvient à éviter la détection à l’aide d’une nouvelle infrastructure qui permet d’utiliser un programme d’installation NSIS (Windows utilise ce système d’installation).

Comme l’a remarqué ISC SANS, les exploitants de Cerber sont devenus plus gourmands : alors qu’ils avaient exigé jusqu’à présent une rançon de 500 dollars américains pour remettre la clé de déchiffrement, celle-ci a désormais doublé (1 bitcoin).

Blank Slate se distingue par une rotation bien calculée des services d’hébergement dans le but de prolonger la durée de vie des serveurs malveillants. Au mois de février, les chercheurs de Palo Alto Networks ont identifié 500 domaines associés à cette campagne de spam. « Ces domaines malveillants ont été rapidement bloqués, mais les auteurs de Blank Slate ont aussitôt enregistré de nouveaux domaines après avoir découvert les avantages de la rotation dans l’utilisation détournée des services légitimes des hébergeurs » écrit Brad Duncan.

L’expert a précisé pour Threatpost : « La demande de création d’un compte auprès d’un hébergeur est très simple. L’individu malintentionné doit uniquement fournir un email, un numéro de téléphone et une carte de crédit valides. Cela lui donne le droit de créer des serveurs ; en cas de plaintes, l’hébergeur désactive les serveurs et les individus malintentionnés se contentent d’en créer d’autres.

Les dépenses impliquées dans le maintien de ce cycle sont minimes. Brad Duncan écrit : « Créer un compte email est une opération qui ne coûte rien. Les téléphones à usage unique ne coûtent pratiquement rien, environ 20 dollars américains ». Quand aux numéros de carte de crédit, un numéro volé vous coûtera 5 dollars américains sur le marché noir.

Palo Alto suppose que la diffusion du spam dans le cadre de la campagne Blank Slate implique de nombreux hôtes répartis à travers le monde entier et, selon toute vraisemblance, réunis au sein d’un réseau de zombies.

L’analyse du fichier JavaScript a mis en évidence une requête http GET vers le fichier binaire du ransomware. Brad Duncan explique dans le blog de l’ISC SCAN que « le trafic qui suit l’infection est identique à celui observé pour des exemples récents de Cerber. On observe d’abord du trafic UDP sur le port 6892 de l’hôte infecté. Vient ensuite du trafic http dans le domaine qui commence avec p27dokhpz2n7nvgr et termine sur .top. Les adresses IP du trafic UDP sont changées une fois toutes les 1 ou 2 semaines (ou plus souvent). Les domaines http utilisés après l’infection sont quant à eux modifiés plus souvent. »

D’après le chercheur, les instructions de déchiffrement apparaissent sur le bureau dans trois fichiers différents : un fichier texte, un fichier image et HTA. Dans tous les cas, le nom du fichier débute par _READ_THIS_FILE_.

Dans la conclusion du billet publié sur le blog, Brad Duncan écrit : « Les domaines et les adresses IP associés à la campagne Blank Slate changent en permanence. Tant que les ransomwares seront parmi nous, les campagnes de diffusion de spam malveillant, ciblées ou non, seront un phénomène de tous les jours. »

Source: Threatpost

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