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Rovnix en Europe de l’Ouest

D’après les données de surveillance fournies par BitDefender, la version actualisée du Trojan Rovnix serait à l’heure actuelle responsable de 130 000 infections en Grande-Bretagne et de 55 000 infections dans d’autres pays européens Afin d’obtenir une représentation de la population actuelle de ce malware pour Windows, les chercheurs ont étudié son algorithme DGA et ils ont intercepté le trafic sur six domaines de contrôle via la technique du "sinkhole".

Rovnix, également détecté sous le nom Papras, Ursnif ou Gozi d’après les experts, remplit les fonctions de bot et de backdoor. Il est en mesure d’afficher des publicités CPC (coût par clic), paiement versé au partenaire pour chaque clic), de voler des données confidentielles, de les envoyer à un serveur distant, de charger et d’exécuter d’autres fichiers malveillants et même de provoquer un plantage BSoD. La nouvelle version, observée cette année par BitDefender, vise à voler les données des cartes de crédit, du moins dans le cas des versions de Rovnix qui attaquent les Britanniques. Ce malware est diffusé selon une modalité PPI (pay-per-install, paiement pour chaque infection) ou via une campagne de messages non sollicités auxquels sont joints des représentants de la famille Andromeda, capables de télécharger un autre malware.

D’après les informations de BitDefender, la nouvelle version de Rovnix génère tous les trois mois 5 ou 10 domaine. Ce nombre varie en fonction de la version de DGA utilisée par le malware. Chaque domaine contient de 12 à 23 caractères. Il s’agit en général d’une séquence de mots collés ou de leur initiales. Ces mots, à l’instar des domaines de premier niveau, sont sélectionnés selon une méthode pseudo aléatoire dans des listes prédéfinies ; les domaines obtenus se distinguent également par une valeur initiale fixe.

Il est intéressant de constater que les listes de mots utilisées par Rovnix pour créer les noms de domaines reposent sur des fichiers textes accessibles au public. La probabilité que ces fichiers soient modifiés est très faible. Ainsi, la version de Rovnix qui attaque les Britanniques utilise le texte de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis ; certaines listes de Rovnix, comme ont pu le voir les experts, contiennent des pages distinctes du contrat de licence GNU, des documents RFC (demandes de commentaires sur les normes publiées par l’IETF) et des caractéristiques techniques.

Au début du mois d’août, les chercheurs ont réussi à mettre en place un sinkhole pour six domaines de commande utilisés par différentes versions itw de Rovnix. A l’issue de trois mois de surveillance de ces domaines, BitDefender avait identifié près de 130 000 infections sur le territoire du Royaume-Uni, 27 500 aux Pays-Bas, en France et en Belgique, près de 16 500 en Bulgarie et plus de 10 000 en Pologne. Des infections isolées ont également été observées dans d’autres pays et régions. Les experts signalent que quatre des domaines qu’ils ont étudiés sont toujours actifs et qu’il faut dès lors s’attendre à ce que le nombre de bots qui les sollicitent augmente.š

Rovnix envoie les données volées au serveur de commande dans le code base64. Des bots plus récents, surtout présents en Bulgarie et en Pologne, chiffrent d’abord leurs "envois", puis les transforment en base64. "L’introduction du chiffrement des communications démontre que cette menace sur Internet ne cesse de s’améliorer. Il faut s’attendre à ce qu’elle reste d’actualité à court terme" prévient Catalin Cosoi, la principale stratège en sécurité de l’information de BitDefender.

Source :        Techworld

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