Mise au point d’un système d’authentification doté d’une protection contre les attaques sur la base de données des mots de passe

Un groupe de chercheurs spécialisés dans les questions de sécurité a développé un système d’authentification qui va compliquer l’extraction des mots de passe d’une base de données volée par un pirate. Les dommages liés à l’attaque seraient ainsi réduits.

Ce système, baptisé ErsatzPasswords, est présenté dans un article rédigé par Mohammed H. Almeshekah et qui a été soumis au comité de la conférence Computer Security Applications 2015 prévue pour le mois de décembre de cette année à Los Angeles en vue de son éventuelle présentation.

D’après Mohammed Almeshekah, les pirates « seront toujours en mesure d’accéder au contenu du fichier, mais les mots de passe qu’ils obtiendront seront de faux mots de passe ou des leurres ».

Les mots de passe sont généralement conservés sous forme de hash, le résultat du chiffrement à l’aide de algorithme défini. Cette méthode est considérée plus sûre que la conservation des mots de passe en clair. S’il est vrai qu’il est difficile de définir le mot de passe à l’aide du hash volé, la tâche n’est pas impossible.

C’est ici qu’intervient la technique de la force brute. Les pirates utilisent des dictionnaires spéciaux qui reprennent des listes de mots qui pourraient être des mots de passe. Le hash est obtenu pour chacun de ceux-ci, puis comparé à la valeur du hash dans la base de données volée. Cette méthode requiert du temps et des processeurs puissants.

Afin de gagner du temps, les pirates utilisent des programmes spéciaux qui intègrent de grandes bases de données de passe volées en différents endroits et dont les hashs ont déjà été interprétés. Ces bases sont enrichies chaque jour et après chaque attaque et dans la mesure où l’utilisateur fait preuve de paresse au moment de trouver des mots de passe très robustes et difficiles à mémoriser, le travail des pirates est considérablement simplifié.

Les systèmes Linux appliquent la technique du salage lors de la lecture du hash : la valeur aléatoire (le sel) ajoutée complique l’identification du mot de passe car le pirate doit obtenir au préalable le sel.

La solution ErsatzPasswords ajoute une nouvelle étape, à savoir un module de sécurité matériel (HSM, hardware security module) qui applique une fonction au mot de passe. Il devient impossible de récupérer le mot de passe au départ du hash sans HSM.

Si le pirate parvenait à trouver des équivalences avec des hash quelconque de la base, aucun de ces mots de passe ne fonctionnerait et le pirate ne s’en rendrait compte que lorsqu’il tenterait de les utiliser pour accéder au service.

Mohammed Almeshekah ajoute qu’ErsatzPasswords sera capable de signaler la saisie d’un faux mot de passe à l’administrateur du serveur. Le système pourra être configuré de telle sorte qu’il créera automatiquement un faux compte utilisateur et lors de la saisie du mot de passe, l’administrateur verra qu’il s’agit d’une tentative d’attaque.

L’installation d’ErsatzPasswords sur un serveur est assez simple. Le code est disponible sur GitHub. La solution est gratuite et est proposée sous une licence Apache.

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